- Le premier est un entretien avec un historien (Jean-Pierre Azéma) qui décrit l'évolution de la perception des "années noires" en France. De quoi réaliser une bonne fiche pour réviser.
- Le deuxième est un entretien avec un cinéaste allemand (Volker Schlöndorff) qui a eu du mal à assumer sa "germanité".
En voici quelques extraits
:
«Une mémoire moins manichéenne»
Jean-Pierre Azéma, historien, auteur de nombreux ouvrages sur l'occupation
Le Nouvel Observateur. - Comment a évolué notre perception de l'Occupation en soixante-dix ans ?
N. O. - Où en est-on aujourd'hui ?
J.-P. Azéma. - L'ouverture quasi complète des archives décidée par Lionel Jospin en 1997 a fait progresser la recherche. Désormais, les historiens sont attentifs aux mémoires communautaires et identitaires - récemment les «malgré-nous» alsaciens - qui ont pu s'exprimer. Mais ils les intègrent dans un tableau général. Quant à l'opinion publique, elle prend mieux en compte l'ambivalence de cette période symbolisée par le parcours d'un François Mitterrand, entre Vichy et Résistance. On pense la période de l'Occupation de manière moins manichéenne, et c'est un progrès.
Les débats de l'Obs
Les têtes contre le mur
dont «l'Honneur perdu de Katarina Blum» et «le Tambour» (palme d'or à Cannes en 1979
et oscar du meilleur film étranger). Il vient de publier chez Flammarion
ses Mémoires : «Tambour battant».)
Le Nouvel Observateur. - En 1956, à l'âge de 16 ans, vous quittez l'Allemagne pour aller à Vannes, dans un internat jésuite. Quelle Allemagne avez-vous découverte en Bretagne
?
N. O. - Vous écrivez que «rien n'indiquait qu'un jour viendrait où j'abandonnerais presque complètement ma culture pour adopter celle de la France
V. Schlöndorff. - Cela vient du choc causé par «Nuit et Brouillard», et des débats que le film a provoqués. En fait, les élèves étaient beaucoup moins intéressés que leurs parents, qui tous me posaient des questions. Quand l'obstacle vous paraît insurmontable, la fuite est souvent la réaction la plus simple, et peut-être la plus saine. Et fuir, pour moi, c'était m'assimiler à un point tel que je ne serais plus allemand. Sans me rendre compte que c'est justement ça, qui est typiquement allemand, de vouloir s'assimiler. Aux Etats-Unis, à la fin du XIXe siècle, plus de 40% des immigrants étaient des Allemands, et ils n'ont laissé aucune trace de germanité aux Etats-Unis. Ils ont changé leur nom de Muller en Miller, de Schmidt en Smith, voilà. Au bout d'un moment, j'ai compris que plus je cherchais à m'assimiler, plus je redevenais allemand, et c'est là que j'ai décidé de faire des films. Déjà, quand je travaillais comme assistant, à Paris, je ne craignais pas de jouer les adjudants : si c'est ça que vous attendez d'un teuton, vous allez être servi ! Et passer pour un dur m'a rendu très populaire auprès des cinéastes ! Mon premier film, «les Désarrois de l'élève Törless», est très allemand, «le Tambour» aussi revendique une certaine sauvagerie. Cinquante ans après, tout cela me paraît limpide.
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François Armanet, Pascal Mérigeau
Le Nouvel Observateur
L'article sur Wikipédia présentant le film d'Alain Resnais, Nuit et Brouillard, son
importance historique et la polémique qu'il a engendré - cliquez ici.






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