présentation du blog

Année 2011 - 2012
Voici le blog des étudiant(e)s  inscrit(e)s au DAEU de Paris 3 pour le cours d'histoire. Ce cours a lieu le jeudi de 8h à 10h.
Bon courage !
Guillaume Hoibian

ghoibianAyahoo.fr

Devoir maison

Devoir n°5

à rendre le jeudi 12 avril 2012

Etude de documents

Sujet : Pourquoi le processus

d'émancipation des peuples colonisés

devient-il irréversible après 1945 ?

 

devoir n°6 :

Sujet de composition : "La disparition

des empires coloniaux européens à partir de 1945"

ou

"Charles de Gaulle, chef d'Etat (1958-1969)"


  ATTENTION !

Il y aura cours samedi 5 mai 2012

 

Le dernier partiel aura lieu

jeudi 10 mai de 17h à 20h

=> salle 437 <=

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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 11:25
Voici de courtes biographies des principaux leaders des indépendances.
A confronter avec les vôtres.
cliquez ici

source
: La documentation française, mars-avril 2008 "La décolonisation".
Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 15:18
Un exemple de renforcement des nationalismes après-guerre :

Question : que s'est-il passé à Sétif et Guelma en mai 1945 ?

Point de vue

Massacres à Sétif et Guelma

 
, 07 mai 2005


"On ne massacre jamais que par peur, la haine n'est qu'un alibi", Georges Bernanos (1937).

Comment peut-on faire, en à peine plus de huit semaines, le plus grand massacre d'innocents que la France ait connu dans son histoire contemporaine, 20 000 à 30 000 morts algériens, composés à plus de moitié de femmes, d'enfants et de vieillards ?
Pour qu'un massacre aussi peu glorieux soit devenu possible, dans un département alors français d'Algérie, le jour du 8 mai 1945, il fallait d'abord s'être persuadé qu'ils allaient renverser sur vous le monde, nommer leurs chefs, planter partout leurs drapeaux, et vous réduire en une sorte d'esclavage. Il fallait surtout, au-delà de la déraison politique, au-delà du racisme qui n'est qu'un mot, au-delà de l'envie, de la jalousie, se laisser submerger, puis emporter par la peur.
Mais une grande panique ne s'improvise pas. Elle se prépare des années durant, non par un complot, par une machination, ou par toute autre construction dérisoire de l'esprit, mais au contraire en s'abandonnant aux rumeurs, au travail de la frustration, au besoin de désordre, dans un monde que l'on ne comprend plus, où le familier se colore aux teintes de l'étrange, où plus rien ne paraît à sa place, où le silence d'un coup inquiète, et le calme sonne faux. Sétif, une ville où il ne s'est jamais passé grand-chose, et surtout Guelma, une ville où il ne s'est jamais rien passé, convenaient.
Policiers, militaires et gendarmes, administrateurs, sous-préfets, corrodés par l'ennui et l'indigence de l'événement, avaient perdu leurs réflexes et ne se souciaient plus de démêler le vrai du faux. Les plus ambitieux rêvent ou cauchemardent. Il suffit dès lors que, un matin, un emblème étrange, ce que l'historien Paul Veyne appelle "un objet biscornu" , un drapeau vert et blanc, frappé d'une étoile rouge, apparaisse à Sétif dans une manifestation comme il s'en était formé ce matin partout dans le monde pour fêter la victoire des Alliés. Tout bascule.
On discute encore aujourd'hui pour savoir qui, d'un policier ou d'un manifestant, a lâché le premier coup de feu. Dans le pandémonium qui suivit, dans le massacre qui courut la ville, les manifestants tirés comme des bêtes qui s'enfuient, les Européens rencontrés dans leur fuite lynchés, puis la honte et la peur mêlées, tout le monde a oublié les quelques coups de feu tirés des balcons.
Qui va se soucier que deux ou trois fusils aient été placés là pour régler son compte au maire, ou à quelques adjoints, ou à Ferhat Abbas aussi, s'il passait par là ? Qui va se souvenir qu'au bruit des détonations d'autres ont couru décrocher leur fusil de chasse et se sont portés à la fenêtre, pour contenir, le temps qu'arrivent de leurs casernes soldats et gendarmes, l'insurrection depuis si longtemps annoncée ?
A 200 kilomètres de là, par-delà les montagnes, le sous-préfet de Guelma a été prévenu très vite. Il ne veut pas y croire. Ancien commissaire de la défense du territoire, mêlé à dix complots au temps de la résistance d'Alger, dont il a été un héros, retors, pervers, il perd soudain ses moyens et ne prend aucune disposition pour interdire la manifestation de la victoire qui se tiendra dans l'après-midi. Il glisse simplement dans sa poche une arme. Ce sera vraisemblablement lui qui, dans la cohue provoquée par l'apparition à nouveau de l'"objet biscornu" , abattra le porte-drapeau, un riche commerçant algérien des faubourgs.
Longtemps, dans les semaines qui viennent, les officiers de l'armée lancés dans la répression chercheront la logique entre les deux anecdotes pour comprendre comment l'"insurrection" a pu franchir en quelques heures les montagnes. Des officiers généraux envisageront un complot international, juif pour certains ! Le directeur de la Sécurité générale, à Alger, est persuadé quant à lui qu'il s'agit d'une révolution. Le gouverneur, Yves Chataigneau, agrégé d'histoire, arabisant, socialiste, est convaincu qu'il affronte une guerre sainte. Il est trop tard pour réfléchir.
Mais il faut prévenir Paris. Dans la journée du 9 mai, le gouverneur est averti par les renseignements généraux qu'un "véritable affolement ne tardera pas à se faire jour" . On envoie coup sur coup deux télégrammes cryptés au ministre de l'intérieur. Ils décrivent une situation qui "paraît devenir alarmante" . Le ministre croit comprendre qu'il s'agit d'une "espèce d'insurrection" et propose des renforts.
Sommée d'intervenir, l'armée engage toute la puissance de feu disponible. Des colonnes de petits blindés très maniables, suivis de camions tout-terrain emplis de légionnaires et de tirailleurs sénégalais, appuyées par l'artillerie tractée, par l'aviation d'assaut, pendant dix jours écrasent sous les obus, déchirent sous les rafales, anéantissent sous les bombes antipersonnel des foules affolées, à l'armement dérisoire, rejetées par le feu d'une vallée à l'autre, persuadées que les Français sont devenus fous et veulent massacrer tous les musulmans.
La pression sur elle ne faiblira pas. Le 12 mai, le Parti communiste distribue dans les villes d'Algérie un tract comminatoire. Signé par cinq représentants du comité central, il exige de "passer par les armes les instigateurs de la révolte et les hommes de main qui ont dirigé l'émeute. Il ne s'agit pas de vengeance ni de représailles. Il s'agit de mesures de justice. Il s'agit de mesures de sécurité pour le pays" . L'armée, qui a perdu son sang-froid, ne le retrouvera pas.
Chez les civils, c'est bien pire. Des milices patriotiques sillonnent les rues des villes. Des escouades de coureurs des bois terrorisent les campagnes, multiplient les exécutions sommaires et les pillages. Autour de Guelma, au lever du jour puis au crépuscule, les salves des pelotons d'exécution ponctuent le fil des heures. Mais le sens de la mise en scène sanglante qu'a le sous-préfet de la ville ne doit pas faire illusion. Ailleurs, on massacre plus discrètement. A la fin de l'été encore, à Constantine, la fosse commune ouverte au cimetière se remplit.
Il est trop tard pour arrêter. Si le ministre de l'intérieur a dès le départ émis des doutes sur la réalité d'une insurrection, de même que certains officiers après quelques jours de ce qu'ils refusent d'appeler des combats, si le Parti communiste comprend vite la situation, et en informe le gouverneur, il leur est impossible d'interrompre la tragédie. Elle suivra son cours pendant plus de huit semaines, jusqu'à épuiser ses forces.
Parmi les acteurs des massacres, certains en seront atterrés. La première proposition de libérer tous les "insurgés" arrêtés, au motif que leur internement n'a aucun sens, émanera du préfet de Constantine qui a dirigé la répression. De grands colons sont désespérés, certains que la colonisation n'y survivra pas. L'opinion française, plus ou moins informée, enfouit, sous les terribles difficultés de l'année 1945 et le retour des prisonniers et des déportés, un événement dont la mémoire est impossible à gérer.
Mais de pareils massacres ne s'oublient pas. Ils sont non pas le premier acte de la guerre d'Algérie, mais son prologue, et ont continué de peser sur les consciences, sur l'histoire, de générer des comportements de fuite, comme on le verra en 1962. Aujourd'hui, alors que deux peuples adultes envisagent de regarder ensemble vers l'avenir, en négociant un traité d'amitié, le moment est sans doute venu d'en alléger le poids.
 

par Jean-Louis Planche, historien
Article paru dans l'édition du 08.05.05
Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /Déc /2008 11:47
Un documentaire américain passé sur la chaine Histoire sur la Guerre froide de 1953 à 1956 :
Si vous avez un peu de temps, regardez-le en prenant des notes.

 


Un documentaire allemand traitant de la crise des fusées de Cuba (ARTE)

Si vous avez un peu de temps, regardez-le en prenant des notes.
Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /Déc /2008 11:46

Quelques informations supplémentaires sur les accords de désarmement SALT 1 (1972).
Profitez-en pour visiter  ce site très riche.

brejnev.jpg
Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /Déc /2008 11:45
Les grandes crises européennes de la Guerre froide.

1948 : Le Coup de Prague.

1953 : Une révolte éclate à Berlin-Est.

1956 : La révolution hongroise.

1968 : Le Printemps de Prague.

1989 : La Révolution de velours.

=> Un article très synthétique à étudier sur le blog d'un professeur dHG  :

Cliquez sur l'image
1953.jpg
Berlin 1953
Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /Déc /2008 11:44
Bibliographie : (voir aussi votre manuel)

La guerre froide :
- André Fontaine, La tache rouge – Le roman de la guerre froide, De la Martinière, 2004
- André Fontaine, Histoire de la guerre froide 1945-1967 (Tomes I et II), 1965 et 1967, Points Seuil histoire.
- André Fontaine, Histoire de la Détente, 1962-1981, Points Seuil histoire.
- Freedman L., La guerre froide, 1945-1989, Autrement, 2004.
- B. Droz, A. Rowley, Histoire générale du XXe s., (4 tomes) Paris, point seuil, 1986
- E.J. Hobsbawm, L’âge des extrêmes, histoire du court XXe siècle, Paris, Complexe-Le Monde diplomatique, 1999
- GREENE, G., Le troisième homme, Livre de Poche : roman d'espionnage sur la guerre froide à Vienne à la fin des années 1940
- LE CARRE, J., L'Espion qui venait du froid, Folio n° 414 : roman d'espionnage

Le modèle américain :
- José Feron-Romano, Martin Luther King, la force des mots, Hachette, 1993.
- John Howard Griffin, Dans la peau d'un noir, Gallimard, 1976 - Coll. Folio.
- Romain GARY Chien blanc
- M. Ellis, Toi l'Indien de la cité, Hachette, 1995 - Coll. Poche jeunesse.
- CAMUS Albert Les deux mondes

Le modèle soviétique :

- Revue L’Histoire N°273, « Staline, les derniers jours d’un tyran ».
- Jan Valtin, Sans patrie, ni frontière, Paris, Babel, 1997
- Courtois Stéphane, Le livre noir du communisme, Robert Laffont.
- A. Soljenitsyne, le premier Cercle, Robert Laffont, 1968.
- Furet François, Le passé d’une illusion, Robert Laffont, 1991.
Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /Nov /2008 14:11
Réponses aux questions 1ère partie :
.
  • Chaque question doit commencer en reprenant les termes de la question.
  • Ensuite, répondez en partant du ou des documents dont vous ferez rapidement la présentation. Veillez à bien citer, à bien vous appuyer sur les documents dans votre réponse.
  • Avant de passer à la question suivante, demandez-vous si vous avez apporté des connaissances soit en expliquant le contenu du document, soit en le critiquant, soit en le complétant. Cela vous permettra d'éviter de simplement résumer les documents soit carrément de faire de la paraphrase.
.
Veillez néanmoins à faire des réponses courtes. Allez droit à l'essentiel. Ne vous dispersez pas, collez bien aux questions. Vous aurez plus de temps pour développer avec la réponse organisée.

Ne passez pas plus d'une heure à analyser le sujet et à répondre aux questions (il vous reste 1h30 pour la réponse organisée).
Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 13:36
De l’épuration à l’extermination.

Questions :

1) Qu'est-ce que "l'hygiène sociale" ?
2) Quelle est l'idée principale du deuxième paragraphe ?
3) Expliquez la "radicalisation spectaculaire de la croisade idéologique du nazisme".
4) Justifiez le choix du titre de l'extrait.

« L'obsession de l'"ordre public" tourna aisément à l'exclusion des "fauteurs de troubles" et des "parias sociaux" . Le fétichisme de l'hygiène sociale se traduisit sans mal en demande de mesures pour améliorer l'"hygiène raciale". Loin de se limiter à l'Allemagne de l'entre-deux-guerres, les victimes des préjugés sociaux étaient à portée de main : prostituées, homosexuels, tziganes, criminels de droit commun et autres individus censés souiller l'image de la nouvelle société en mendiant, en refusant de travailler ou par toute autre forme de comportement « antisocial ». Au-delà de ces catégories, il y avait bien sûr l'ennemi social et racial numéro un : les juifs.
.
Où l'Allemagne se distingua des autres pays à l'égard de ces groupes de « marginaux », c'est que ce sont les dirigeants suprêmes du pays qui autorisèrent toutes les instances de pouvoir et de contrôle à rechercher des solutions pour « nettoyer » la société, offrant ainsi le champ le plus large à des initiatives inhumaines qui pouvaient ignorer, bafouer ou contourner les contraintes de la légalité. Afin de servir les intérêts acquis de leur organisation, les instances les plus directement impliquées -l'administration médicale et sanitaire, les autorités juridiques et la police criminelle - n'allaient pas hésiter à exploiter les grandes lignes de la philosophie nazie de l'État pour mener campagne en vue de débarrasser la société des « indésirables raciaux », des « éléments nuisibles au peuple » et « étrangers à la communauté ». Les programmes de stérilisation et d'eugénisme gagnèrent en attrait. Et surtout, la persécution implacable des juifs, la cible raciale la plus en vue, avait produit dès avant la guerre des signes de la mentalité qui allait conduire aux chambres à gaz.
La guerre créa alors les circonstances et les occasions d'une radicalisation spectaculaire de la croisade idéologique du nazisme. Presque du jour au lendemain, des objectifs à long terme devinrent des objectifs politiques réalistes. La persécution qui avait pris pour cible des minorités sociales habituellement détestées visa alors toute une population conquise et assujettie. Les juifs, une infime proportion de la population allemande, n'étaient pas seulement beaucoup plus nombreux en Pologne. Au sein même de leur pays natal, ils étaient largement méprisés. Aux yeux des brutes qui occupaient le pays, ils étaient désormais les derniers des derniers.
De même qu'avant la guerre, C'est Hitler qui donna le ton à l'escalade de la barbarie, l'approuva et l'encouragea. Mais ses actions personnelles ne suffisent pas à expliquer cette escalade. La désintégration accélérée de tout semblant de gouvernement collégial, la sape de la légalité par un exécutif policier toujours plus envahissant et les ambitions des chefs SS toujours plus autonomes sont autant de facteurs qui jouèrent un rôle important. Tous ces processus s'étaient développés dans le Reich lui-même entre 1933 et 1939. Dès lors que l'occupation de la Pologne ouvrit de nouvelles perspectives,-ils allaient prendre un nouvel élan. Les planificateurs et les organisateurs, les théoriciens de la domination et les technocrates du pouvoir au sein de la direction SS considéraient la Pologne comme un terrain d'expérimentation. Ils reçurent carte blanche pour entreprendre plus ou moins ce qu'ils voulaient. La « vision » du Führer leur donnait la légitimation dont ils avaient besoin. Épaulés par des fonctionnaires arrivistes et « inventifs », les dirigeants du parti chargés de l'administration civile des différentes régions de la Pologne estimaient eux aussi « travailler en direction du Führer » dans leurs efforts pour promouvoir la « germanisation » la plus rapide possible de leurs territoires. »

Extrait de Kershaw Ian, Hitler 1936-1945, Flammarion, 2000
Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 11:32
Pour aller plus loin et mieux cerner le projet nazi, lisez cet entretien et répondez aux questions.
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L'Express du 23/08/2001
Philippe Burrin "Les nazis voulaient l'Europe d'une seule race"
propos recueillis par Dominique Simonnet
.
En 1942, l'Europe est allemande. Hitler a conquis un empire gigantesque qui s'étend de la Manche au Caucase, de la Norvège à l'Afrique du Nord. [...] C'est le racisme qui préside [...] à ce projet?
P.B. : Entièrement. D'abord, on affirme qu'il y a une race allemande, à laquelle appartiennent non seulement les Autrichiens, les Suisses allemands, les Luxembourgeois, mais également tous les individus d'Europe qui ont pu avoir eu des ascendants allemands, même s'ils ont perdu par la suite tout contact avec la culture allemande: il reviendra à des experts "raciaux" de les identifier. Ensuite, on agrège à cette masse allemande les populations parentes dites "germaniques" comme les Scandinaves, les Hollandais, les Flamands, pour former un peuple maître de quelque 100 millions de personnes. Pour que celui-ci puisse croître rapidement, il faut un "espace vital": Hitler a choisi les terres situées à l'est de l'Europe. Que fait-on des "sous-hommes" qui s'y trouvent déjà? Réponse logique: on les expulse; ou bien on les transforme, comme jadis, en esclaves qui aideront aux grands travaux d'aménagement; ou, pour ceux qui n'ont pas de territoires, comme les Juifs et les Tsiganes, on les extermine.
.
On imagine Hitler devant une carte de l'Europe: ceux-là, on les garde; ceux-là, on les envoie en Sibérie; ceux-là, on les extermine...
P.B. : On peut l'imaginer. En 1942, l'Europe allemande se décompose, aux yeux des nazis, en trois sous-ensembles. D'abord, la chaîne d'Etats alliés et satellites (Croatie, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Italie), qui conservent une certaine autonomie interne (la Bulgarie, par exemple acceptera de livrer ses Juifs étrangers à Hitler, mais lui refusera ses propres ressortissants juifs). Deuxième sphère: les pays occupés dits "germaniques" (Danemark, Norvège, Hollande, Belgique), dont les populations sont censées être "parentes" des Allemands. Hitler veut les assimiler, en réveillant chez eux le sentiment d'une appartenance culturelle et raciale au grand peuple germanique. La France, elle, se situe entre les deux sphères.
.
Quant aux populations de l'Est...
P.B. :
C'est la troisième sphère: les pays slaves de l'Est peuplés de "sous-hommes" (Pologne, URSS). Là, sauf pour les Volksdeutschen, les Allemands mélangés à ces populations, pas question d'assimilation! Le Generalplan Ost, le "plan Est" de Himmler de juillet 1941, prévoit de déplacer 31 millions de Slaves issus de Pologne, des pays Baltes et de l'Union soviétique vers la Sibérie et d'installer environ 4 millions de colons allemands sur les terres ainsi "libérées"! […]
.
Il s'agit donc d'un projet de purification raciale massive.
P.B. :
Oui. Les nazis voulaient l'Europe d'une seule race. […]
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L'Europe transformée en vaste champ d'expérimentation raciale... C'est un projet quasi scientifique, dans lequel l'homme n'est plus qu'une simple variable.
P.B. :
Le racisme est une idéologie moderne dans la mesure où il s'inspire de la science et s'appuie sur la science: l'Europe nazie est inconcevable sans l'aide des scientifiques - géographes, économistes, urbanistes, biologistes, médecins et autres experts raciaux - et des administrateurs, aux côtés de la Wehrmacht. Il fallait identifier les gens, les classer (germanique ou non), les exclure, les déporter, les tuer... C'était un travail bureaucratique considérable, dont la violence était le coeur. Elle n'était pas qu'un moyen. Mais représentait une valeur en soi, une "loi de la nature". Dès 1940, il y a eu des milliers d'Oradour-sur-Glane à l'Est. En URSS, en Pologne, dans les Balkans, les représailles allemandes firent des millions de victimes civiles. Plusieurs centaines de milliers de prisonniers soviétiques furent sélectionnés et fusillés, plus de 2 millions moururent en captivité en quelques mois pendant l'été et l'automne 1941. Les hommes de Himmler tuèrent, par gazage dans des camions ou par fusillade, des milliers de patients d'établissements psychiatriques en Pologne et en URSS pour dégager des locaux pour la troupe...
.
"L'Europe nazie est inconcevable sans l'aide des scientifiques"
.
Le génocide des Juifs n'est pas une singularité dans ce projet, mais, là encore, un développement "logique". Etait-il inscrit dès l'origine ou la décision fut-elle improvisée, comme le disent certains historiens?
P.B. :
Pour Hitler, les Juifs sont l'antirace, la plus contraire à son projet, puisque, associés selon lui à la fois à la finance internationale et au bolchevisme, ils participent au double mouvement de déni du principe national-racial. Plus profondément, les éliminer, c'est détruire le péché originel, l'universalité, toute la civilisation du judaïsme, qui, à travers le christianisme, "infectait" l'histoire occidentale. Dès les années 1920, dans la vision hitlérienne du monde, il y avait l'idée que les Juifs ne pouvaient pas vivre dans l'espace vital germanique. Leur élimination était, dans ce sens, programmée. Seul le choix de la méthode restait ouvert. Elle pouvait prendre plusieurs formes: l'émigration, la déportation, l'extermination... Je pense que la décision d'extermination a été prise en fonction des événements, lorsque la guerre est devenue difficile pour les nazis.
.
A la conférence de Wannsee, en janvier 1942, qui coordonne l'action des bureaucraties du Reich en vue de la solution finale, il est même envisagé l'élimination des Juifs d'Angleterre, une fois que celle-ci sera conquise!
P.B. : Oui. En bon fonctionnaire, Eichmann se place dans l'optique d'une Europe intégralement nazie. Avant guerre, les nazis rêvaient de contraindre non seulement les Européens, mais aussi les Américains, à exiler les Juifs sur une terre isolée. Mais, en 1941, Hitler comprend qu'il ne trouvera pas une solution mondiale. En exterminant les Juifs d'Europe, il réduit en somme ses ambitions.
.
Cette idée d'une Europe uniraciale aurait-elle pu naître ailleurs qu'en Allemagne?
P.B. :
Elle avait de plus fortes chances de naître dans l'espace germanique de l'Allemagne et de l'Autriche. Dès la fin du XIXe siècle, le mouvement pangermaniste évoquait un espace vital pour l'Allemagne à l'Est. Après le traité de Versailles, en 1919, où l'Allemagne a perdu une partie de ses territoires et de sa population, Hitler devient une réponse extrême, mais pas inattendue, à la "question allemande". Son rôle a été de systématiser et de dynamiser une idéologie présente dans la société allemande. Les élites ont intégré le racisme non seulement par opportunisme ou par soumission au régime, mais aussi comme un principe d'explication du monde. Le nazisme était une vision du monde qui avait des racines dans la culture et l'histoire allemandes. […] 1)
.
Questions :
1) Résumez le projet nazi.
2) Expliquez pourquoi l’auteur considère que ce projet relève d’une « idéologie moderne » ?
3) Qu’est-ce que la conférence de Wannsee ?
Jeudi 23 octobre 2008 4 23 /10 /Oct /2008 13:22
L'un d'entre vous m'a demandé les références d'un ouvrage qui vous aiderait à mieux définir les termes vus en cours.

En voici un !

C'est un gros dictionnaire historique qui couvre le chapitre sur la 2nde Guerre mondiale mais aussi celui sur les débuts de la Guerre froide.

A consulter sans restriction dans toute bonne bibliothèque !

AZÉMA Jean-Pierre, BÉDARIDA François (sous la direction de), 1938-1948. Les années de tourmente. De Munich à Prague. Dictionnaire critique, Paris, Flammarion, 1995.

Sur la jaquette :
   « 1938-1948. Les années de tourmente cumulent sur le mode paroxystique les conflits d'un siècle pourtant riche en violences. De la « drôle de paix » à la guerre froide, à travers le choc des États et des économies, l'affrontement des idéologies s'expose dans toute sa nudité et sa brutalité : fascisme, communisme et démocratie se livrent une lutte à mort.
   1938 voit s'effondrer, au milieu des prodromes d'une nouvelle guerre, dans une atmosphère de veillée d'armes, l'ordre établi par les vainqueurs de 1914-1918. Sous les coups de la crise générale des années 30 – marquées par la débâcle économique, le fracas des idéologies totalitaires et l'exaltation de la force – de grandes turbulences, parties d'Europe, secouent bientôt la planète entière. Dorénavant, les armes sont appelées à trancher le destin du monde. Au seuil des années 40, il s'en faut de peu que disparaissent la liberté et les droits de l'homme. Ce n'est qu'après des années d'épreuves sanglantes et incertaines que les fascismes seront emportés dans la tourmente de la défaite et la honte des crimes découverts.
   L'année 1948 symbolise la glaciation de l'univers né de la Seconde Guerre mondiale, tout en consacrant la rivalité des deux Grands et l'installation dans la guerre froide. Tandis que la décolonisation progresse spectaculairement en Asie, avec les balbutiements de ce qui va devenir le tiers-monde, ce nouvel ordre va durer près d'un demi-siècle, jusqu'à la chute du système communiste.
   Ce Dictionnaire critique a pour ambition d'embrasser la période charnière et fondatrice qui clôt le premier XXe siècle et ouvre le second. De Munich à Yalta, de l'ère des Empires à la décolonisation, du temps des crises à l'aube des Trente Glorieuses, de l'horreur d'Auschwitz à la bombe d'Hiroshima.
   Cet ouvrage regroupe 105 essais dus à des historiens de renom et ordonnés en six chapitres :  La Violence et la guerre, Économies et Idéologies, Géopolitiques, Acteurs, Lieux, Événements et enfin Controverses et enjeux de mémoire. Bénéficiant de l'historiographie et de la recherche les plus récentes, remettant en perspective les interprétations, il propose au lecteur un regard novateur et réfléchi sur cette décennie et offre une vision originale et globale d'une époque dramatique dont notre présent est issu. »

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Dernier partiel d'histoire

Dernier partiel

jeudi 10 mai 2012

17h-20h

=> salle 437 <=

 

 

ATTENTION !

Il y aura cours samedi 5 mai 2012

vers 14 heures - salle à déterminer !

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