Année 2011 - 2012
Voici le blog des étudiant(e)s inscrit(e)s au DAEU de Paris 3 pour le cours d'histoire. Ce cours a lieu le jeudi de 8h à 10h. Bon courage ! Guillaume Hoibian
Cours sur la vie politique française de 1946 à 1969.
1ère partie - La IVème République, une république oubliée.
I - Une naissance agitée malgré les espoirs de la Libération. C) Les conséquences institutionnelles et politiques de la fin du Tripartisme.
Conclusion : mise en place d'un régime d'assemblée par une alliance
politique dominante, le Tripartisme. Le régime est donc prévu pour durer et être stable. Mais cela n'a pas été le cas. Pouequoi ?
II - L'éclatement de la 3ème force, l'instabilité puis la chute de la 4ème
République.
Résumé à venir
Travail pour jeudi 8 mars :
- Apporter le manuel d'histoire.
- Faire les fiches de révision sur la guerre froide (Aidez-vosu du manuel et de la brochure n°3).
- Faire les fiches concernant la IVème République (I - La naissance d'une République construite par une allainace
politique dominante II - Une République qui devient vite instable. III - Un régime d'assemblée IV- L'expérience Mendès France ...).
- Fiche : Quelles sont les conséauences de la Guerre Froide sur la vie politique française ?
- Répondre à la question du titre du poly 3 (Brochure n°3).
TRAVAIL VOLONTAIRE A RENDRE (à étudier même si
vous ne les rendez pas) :
Questions document 1 poly 3(Brochure n°3)
Questions doc 3 et 4 poly 4(Brochure n°3)
Travail pour le 22 mars :
- Rendre le devoir n°4 : composition.
Sujet : La Vème République, un nouveau régime politique ? (1958-1969)
I - La Guerre froide, une guerre totale car mondiale.
B) Présentation des blocs au milieu des années 50 puis de leur évolution.
Définition
Résultat de la "pactomanie"
Carte page 60
Evolution carte page 76
=> bipolarisation du monde entre 1947 et 1991.
II - Une guerre totale car une guerre idéologique.
A) Les points communs.
Universalisme et messianisme.
B) Le modèle américain.
C) Le modèle soviétique.
D) Une guerre de propagande.
III - Une guerre totale car une guerre économique et technologique.
- Compétition entre les deux modèles.
L'Urss voulait dépasser économiquement les Etats-Unis.
- L'exemple dela conquête de l'espace :
1957 : spoutnik
1961 : Youri Gagarine
1969 :Neil Armstrong, le premier homme à marcher sur la lune
. Lire l'article sur Bricabraque: La course aux étoiles. . Et l'article sur le blog de J. Blottière :cliquezici .
- Course aux armements Projet IDS des Etats-Unis. L'Initiative de défense stratégique (IDS), dite aussi « Guerre des étoiles », est un projet lancé le 23 mars 1983 par le président Ronald Reagan durant la guerre froide.
IV - Une guerre totale car une guerre à mort.
Décembre 1991 : disparition de l'URSS qui éclate en 15 pays différents.Carte 3 page 15 Causes
?
Crise en l'URSS
Compétition ruineuse avec les EUA.
Hausse des tensions dans les pays d'Europe de l'Est notamment en Pologne.
V - Mais une guerre totale atypique.
Conflits/tensions entre EUA et URSS "classique"
mais spécificités : -guerre mondiale: ce conflit de puissance a peu à peu concerné/associé tout le monde. Notion de "bloc"
-Les deux Grands ont tout fait pour éviter de s'affronter directementafin d'éviter un conflit généralisé et donc nucléaire.
Mais cela a failli se produire à plusieurs reprises:
- Lors dublocus de Berlin(1948-1949) : conflit/bras de fer direct entre les deux Grands.
- Lors de laguerre de Corée(1950-1953)
- Lors delacrise dite des fusées de Cuba(octobre 1962)
Début du cours sur la vie politique française de 1946 à 1969.
Introduction : "faire le
tour du sujet".
- Une vie politique relativement stable (démocratie, république + absences de révolutions, de renversements violents de régimes politiques, de guerres civiles...).
- Mais des évolutions :
Deux Républiques
-Quelles différences entre les deux ?
Une République mal aimée,
oubliée et une République qui dure.
Les forces politiques
dominantes ont changé entre 1945 et aujourd'hui.Dans quels sens et pourquoi
?
Bipolarisation et
personnalisation du pourvoir.Pourquoi et quelles conséquences
?
La Vème République
est-elle en crise ?
1ère partie - La IVème République, une république oubliée.
Introduction: Volonté des dirigeants de la France libre de construite une France nouvelle. De nouvelles institutions sont mises en
place.
12 ans plus tard, en 1958, elles disparaissent. Comment expliquez cet échec
? I - Une naissance agitée malgré les espoirs de la Libération.
A) Un consensus apparent autour de la
Résistance. 1) 1944-1946 Voircours Bilan et mémoires de la Seconde Guerre
mondiale.
GPRF - épuration - programme du CNR - premières élections - Mise en place le 21 àctobre 1945 d'une Constituante. 2) La fin du consensus avec le débat constitutionnel.
Novembre
1946: la Quatrième République se met en place : il y a une majorité solide à l'Assemblée
(tripartisme), le président de la République est désigné par le parlement (VincentAuriol) et le président du conseil est investi par l'Assemblée Nationale (PaulRamadier).
Mais
...
Le débat autour du projet de constitution et la campagne
électorale.
Janvier 1946 : le général de Gaulle démissionne de la présidence du conseil.
Avril 1946 : premier projet de constitution (rejeté par référendum par les français en mai 1946
-cliquezici).
16 juin 1946 : discours du général de Gaulle à Bayeux dans le cadre de la campagne électorale pour le
référendum d'octobre 1946.
Octobre 1946 : le second projet de la Constituante est adopté.La IVème République est née.
B) Les institutions de la IVème République : un exécutif dominé par le
législatif.
Définition d'un régime d'assemblée (définitionpage
265).
Document 3 page 264 :A RECOPIER
Analyse des institutions.
Plus d'infos, cliquez sur
l'image
Mots-clé / notions à
connaître: Régime parlementaire - régime d'assemblée - Président de la
République - Président du Conseil - Assemblée nationale - Conseil de la République - motion de censure - dissolution - Investiture - bicamérisme - Scrutin à la proportionnelle.
C) Les conséquences institutionnelles et politiques de la fin du Tripartisme. Page 267
mai 1947 : les ministres communistes sont renvoyés par Ramadier.
Pourquoi ?
1) Les facteurs de tensions.
Difficultés coloniales
Difficultés économiques et sociales
Refus de voter le budget par les députés communistes d'où le renvoi.
Ensuite le fossé entre le PCF et les autres forces du feu tripratisme se creuse avec le début en 1947 de la
Guerre froide.
2) D'où la rupture en mai 1947.
Conclusion: la IVème République doit affronter dès le printemps 1947, l'opposition des gaullistes (création duRPFen avril 1947) et du PCF dont l'hostilité envers ses anciens alliés se renforce avec la naissance de laguerre froide.
Naissance d'une nouvelle majorité plus hétéroclite et donc plus fragile: la Troisième force.
Doc 2 page 264:Résultats des élections de 45 à 46.
A venir :
II - L'éclatement de la 3ème force, l'instabilité puis la chute de la 4ème
République.
=> Français ont eu du mal à assumer ce régime dans une France victorieuse, c'est un passé qui ne passe pas
comme l'analyse, l'historien des mémoires : H. Rousso.
Problématique : Depuis 1945, comment a évolué la mémoire du régime de Vichy en
France ?
1.Une mémoire de Vichy qui a été occultée par celle de la résistance
(1944-1970)
a.. épuration : Vichy condamné
b.. Mythe résistancialisme
c.. Cette volonté d'unité nationale devient une mémoire officielle (1958-1969)
2. Une volonté parallèle de certains de réhabiliter Pétain et donc Vichy
(1944-1970)
a.. Des lois d'amnistie (1951-1953)
b.. Succès de la thèse du "Glaive et du bouclier" de Robert Aron : Français ont moins honte.
c.. Cette thèse est contestée par l'un de ses élèves (de R. Aron) => Robert Paxton (Américain) remet achève cette thèse
par des recherches scientifiques et met à jour la réalité de la politique de Vichy.
3.Des mémoires qui ressurgissent détruisant la mythe de la résistance (1970-à nos
jours)
a.. Le souvenir de la France de la collaboration réapparaît avec force.
-> Paxton
-> Ophuls (le chagrin et la pitié)
-> Les procès
b.. La mémoire du génocide réapparaît et rappelle l'action de Vichy dans ce crime contre l'humanité
c.. L'évolution de la mémoire officielle
Conclusion : Vichy un passé qui a eu du mal à passer.
merci à Stéphanie Belleau pour la retranscription.
- Actions de déportés et de fils et filles de déportés dénonçant les carrières d'anciens dignitaires nazis ou de
collaborateurs. Entretien avec Serge et Beate Klarsfeld -cliquezici
- Arrestations et procès : Paul Touvier (1981) - Maurice Papon (1983 - doc 2 page 260) - Klaus Barbie (1983)...
- Succès du feuilleton Holocauste de M.Chomsky (1979)
- L'opposition au négationnisme menée par de nombreux intellectuels (Pierre Vidal-Naquet...).
- Le film "Shoah"(1985) de Claude Lanzmann.
5) La classe politique française et les années
noires.
L'évolution de la position des représentants de l'Etat : de la négation de la responsabilité française dans la déportation à sa
reconnaissance.
De plus, difficultés pour beaucoup à assumer leur passé (Marchais, Mitterrand...).
=> Le tournant : Jacques Chirac - 1995 - doc 5 page 261
Conclusion: Un "syndrôme de Vichy" en train de disparaître
?
"On pense la période de l'Occupation de manière moins manichéenne, et c'est un progrès.", JP Azéma : cliquez ici: «Une mémoire moins manichéenne»
Cours La guerre froide. Introduction : page59 Importance de la guerre froide. Définition. Bornes chronologiques (1947-1991)
Présentation des grandes phases de la Guerre froide.
1947-1962 : la guerre froide au sens strict
(1947-1955 : mise en place des blocs; 1956-1960 : la coexistence pacifique; 1961-1962 : l'apogée des tensions).
1962-1975 : La Détente : le condominium entre les deux Grands.
1975-1985 : le retour des tensions : nouvelle GF ou "guerre fraîche".
1985-1991 : le démantèlement progressif du bloc communiste et la victoire des EUA.
Problématique du cours : Comment comprendre que la guerre
froide se soit terminée sans que ce conflit entre les deux Grands ne dégénère en conflit généralisé ?
I - La Guerre froide, une guerre totale car mondiale.
Introduction : la GF divise le monde en deux camps opposés et ce pendant 40 ans. La GF a été une guerre mondiale, chaque pays ayant dû "choisir" son camp. Mise en place d'un monde bipolaire. Définition de la notion de BLOC.
A) Cette bipolarisation s'est faite sous tensions.
Les bloc ont été imposés :
Exemple de l'Europe. La limite entre les deux blocs épouse la façon dont ce continent a été libéré. A l'Ouest,
les troupes anglo-saxonnes, à l'Est, l'armée rouge. Cette géographie détermine le positionnement des Etats dans la guerre froide.
Peu de pays y échappent :
Exemple de la Yougoslavie de Tito.
Exemple de la Tchécoslovaquie (automne 1947).
A venir : B) Présentation des blocs au milieu des années 50 puis de leur évolution.
II - Une guerre totale car une guerre idéologique.
III - Une guerre totale car une guerre économique et technologique.
IV - Une guerre totale car une guerre à mort.
V - Mais une guerre totale atypique.
Travail pour jeudi 19 janvier :
ATTENTION ! CHANGEMENT DE SALLE POUR 2 SEMAINES.
COURS EN SALLE 453
- Organiser vos révisions pour le premier partiel
du jeudi 2 février (8h-10h)
Révisions :
La nature de la Seconde Guerre mondiale.
Le bilan de la Seconde Guerre mondiale.
La France au sortir de la Seconde Guerre mondiale (1944-1947)
Les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France depuis 1945.
- Lire les chapitres du manuel sur la Guerre froide.
Cours du jeudi 15 décembre et du jeudi 5 janvier :
Cours "bilan et mémoires de la 2nde Guerre mondiale".
I - De Vichy à la IVème République (1944-1946) D) Le programme politique du GPRF : Construire une France nouvelle. Page 264
Etude du document 1 page 264 : le programme du CNR.
Proposer des réformes structurelles : Le choix d’un Etat interventionniste disposant de moyens nouveaux.
Influence des forces politiques de gauche (socialistes, communistes...); Influence des idées keynésiennes.
E) La Constituante : un apparent consensus politique
:
Document 2 page 264 : Les élections de
1945 à 1946.
- L'assemblée élue le 21 octobre 1945 est chargée de proposer aux Français par référendum un
projet de constitution.
- Le 21 novembre 1945, les députés désignent le nouveau gouvernement avec à sa tête le général de
Gaulle :
Composition du gouvernement "d"unanimité
nationale"
(cette dernière
reflète la composition du Tripartisme) :
* Président du Conseil et Ministre de la Défense nationale : Charles de
Gaulle
o Ministre des Armées : Edmond Michelet (MRP)
o Ministre de l'armement : Charles Tillon (PCF)
* Ministre d'État : Vincent Auriol (SFIO)
* Ministre d'État : Francisque Gay (MRP)
* Ministre d'État : Louis Jacquinot (RI)
* Ministre d'État : Maurice Thorez (PCF)
* Garde des sceaux : Pierre-Henri Teitgen (MRP)
* Ministre de l'Intérieur : Adrien Tixier (SFIO)
* Ministre des Affaires étrangères : Georges Bidault (MRP)
* Ministre de l'Agriculture et du Ravitaillement : Tanguy Prigent (SFIO)
* Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme : Raoul Dautry
* Ministre des Transports et Travaux publics : Jules Moch (SFIO)
* Ministre de l'Education nationale : Paul Giacobbi (PRS)
* Ministre des Colonies : Jacques Soustelle (UDSR)
* Ministre des Finances : René Pleven (UDSR)
* Ministre du Travail : Ambroise Croizat (PCF)
* Ministre des Postes, télégraphes et téléphones : Eugène Thomas (SFIO)
* Ministre de l'Information : André Malraux
* Ministre de la Production industrielle : Marcel Paul (PCF)
* Ministre de la Population : Robert Prigent (MRP)
* Ministre de l'Economie nationale : François Billoux (PCF)
Ce gouvernement du tripartisme a un programme, celui du CNR :
Document 1 page 264 : programme du
CNR
Un grand dossier sur le CNR, le GPRF et la Libération sur le site
de
L'Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de La Résistance
(ANACR) :
cliquez sur l'image pour accéder au site
Conclusion : Fin 1945 : LaFrance est un pays libre, qui fait partie des vainqueurs et dont la population aspire majoritairement à des réformes de fond. Les forces politiques de la résistance sont
plébiscités. Formation du TRIPARTISME. Mais ce pays reste très affaiblie.
II - Les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France
depuis 1945.
Introduction
: Problématique:"Quelle(s) mémoire(s)" les français ont-ils conservées de ce conflit depuis 1945 ? Et comment ces dernières ont-elles
évoluées ?
A) Le conflit entre histoire et
mémoire(s).
Définition de mémoire
Rivalité entre discours historique et
mémoires
Les mémoires devenues objet
d'histoire
Chronologie des mémoires (texte d'H.Rousso
-poly 1)
B) Des
mémoires concurrentes et rivales.
1)L'après-guerre (1945-1955) : L'élaboration difficile d'une mémoire collective des événements.
2) La construction du mythe résistancialiste : refoulement de la mémoire de Vichy (1955-début des années 70).
Des mémoires
amalgamées. Exemple : le film"Nuit et brouillard"(1955) d'Alain Resnais qui ne distingue pas les différents types de
déportation et qui ne fait pas référence au génocide juif.
Explications
Apogée du mythe résistancialiste.
Années où la mémoire de Vichy est refoulée.
Exaltation de la France combattante - Exemple : discours d'A.Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon
en 1964.Doc 3 page
261.
Contexte: De Gaulle au pouvoir (1958-1969) - Guerre d'Algérie
- Français divisés sur cette question - risque de guerre civile - Volonté de rassembler, d'unité.
Sur le site de l'INA, discours d'André Malraux lors du transfert
Un film qui glorifie la résistance : "L'armée des Ombres" de JP Melville
(1969).
Un autre film qui montre que la période de l'occupation se banalise : 1966 :
"La Grande vadrouille" de Gérard Oury.
A venir :
La thèse du "glaive et du bouclier" de Robert
ARON.
Explications
3) Le tournant des années 70 :
la fin du mythe résistancialiste et l'apparition de la mémoire de la shoah.
4) La classe politique
française et les années noires.
Travail pour jeudi 12 janvier 2012 :
Rendre le devoir n°2 : Sujet de
composition : En quoi et pourquoi le régime de Vichy est-il en France, et ce depuis 1945, "un passé qui ne passe pas" (Henri Rousso) ?
Voici deux vieux extraits d'articles de l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur (Nº2346,
22-28 octobre 2009). Chacun traite de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Le premier est un entretien avec un historien (Jean-Pierre Azéma) qui décrit l'évolution de la perception des "années noires" en France. De quoi réaliser une bonne fiche
pour réviser.
Le deuxième est un entretien avec un cinéaste allemand (Volker Schlöndorff) qui a eu du mal à assumer sa "germanité".
En voici quelques extraits
:
«Une mémoire moins manichéenne» Jean-Pierre Azéma, historien, auteur de nombreux ouvrages sur l'occupation
Le Nouvel Observateur. - Comment a évolué notre perception de l'Occupation en soixante-dix ans ?
Jean-Pierre Azéma. - A la Libération, la condamnation de Vichy a été sans appel, et l'épuration sévère, même si cela n'a pas été un bain de sang. Immédiatement, le récit s'est
orienté vers une exaltation de la résistance militaire. «Vous n'avez désiré qu'une chose : continuer la guerre», avait simplifié de Gaulle dès son
retour en France en juin 1944. L'histoire a changé dans les années 1950. Avec la guerre froide, le rôle des communistes dans la Résistance est mis
entre parenthèses et l'on considère, derrière l'historien Robert Aron, qu'il y a eu deux Vichy : une première période «protectrice» jusqu'en 1942, puis un basculement coupable avec Pierre Laval,
simple pion des occupants. Le retour au pouvoir de De Gaulle, en 1958, met fin à ce genre d'interprétation et redonne libre cours à la glorification de
la France libre. Avec la disparition du Général s'ouvre une nouvelle ère, celle du retour des mémoires refoulées. A partir du film «le Chagrin et la
Pitié» (1969) on relativise le caractère résistant de la population française. Les travaux d'historiens comme Robert Paxton
décrivent une France largement pétainiste et attentiste pendant les premiers temps de l'Occupation. La mémoire de la Résistance se fragmente entre résistants de l'intérieur et gaullistes de
l'extérieur. La question juive surgit. Grâce aux recherches de Serge Klarsfeld, et avec
Auschwitz et la Shoah, elle est placée au centre du débat. N. O. - Où en est-on aujourd'hui ? J.-P. Azéma. - L'ouverture quasi complète des archives décidée par Lionel Jospin en 1997 a fait progresser la recherche. Désormais, les historiens sont attentifs aux mémoires
communautaires et identitaires - récemment les «malgré-nous» alsaciens - qui ont pu s'exprimer. Mais ils les intègrent dans un tableau général. Quant à l'opinion publique, elle prend mieux en
compte l'ambivalence de cette période symbolisée par le parcours d'un François Mitterrand, entre Vichy et Résistance. On pense la période de l'Occupation de manière moins manichéenne, et c'est un
progrès.
Les débats de l'Obs Les têtes contre le mur
Le réalisateur du «Tambour» publie de passionnants «Mémoires» et parle de sa double vie entre la France et l'Allemagne, de la chute du Mur et de la réunification
Né en 1939, Volker Schlôndorff est l'auteur de plus d'une trentaine de films
dont «l'Honneur perdu de Katarina Blum» et «le Tambour» (palme d'or à Cannes en 1979
et oscar du meilleur film étranger). Il vient de publier chez Flammarion
ses Mémoires : «Tambour battant».)
Le Nouvel Observateur. - En 1956, à l'âge de 16 ans, vous quittez l'Allemagne pour aller à Vannes, dans un internat jésuite. Quelle Allemagne avez-vous découverte en Bretagne
?
Volker Schlöndorff. - J'ai découvert avec surprise à Vannes des gens qui admiraient l'Allemagne pour sa littérature, sa musique... La première pièce qu'on a jouée au collège
était «Siegfried», de Giraudoux. J'avais beaucoup de mal à m'identifier avec ce Siegfried dépeint par Giraudoux ! Et puis, au printemps 1957, j'ai vu avec tout le collège «Nuit et Brouillard» au cinéma de Vannes. Il faut bien se rappeler que ces images des camps étaient alors inconnues. Resnais a eu l'intelligence de
filmer en couleur de longs travellings sur les clôtures des camps, comme des plans neutres, interrompus de temps à autre par un document. Le choc, et puis soudain les rails de chemin de fer.
Voilà la deuxième image de l'Allemagne que j'ai reçue. D'une part, il fallait que je travaille «Siegfried» et, d'autre part, que je voie «Nuit et Brouillard». Et évidemment, quand on faisait des
excursions, il y avait les bunkers en béton, et déjà un mur, celui de l'Atlantique. Tout cela alors que débarquaient en France les Volkswagen et les machines à laver Miele ! Puis, à Paris, j'ai
commencé à militer avec les gauchistes contre la guerre d'Algérie, comme si ça me regardait, en distribuant clandestinement «la Question» d'Henri Alleg. C'était cela à l'époque, ma germanité.
Jamais aujourd'hui on ne demanderait à ma fille, qui a 17 ans, de définir son identité allemande !
N. O. - Vous écrivez que «rien n'indiquait qu'un jour viendrait où j'abandonnerais presque complètement ma culture pour adopter celle de la France V. Schlöndorff. - Cela vient du choc causé par «Nuit et Brouillard», et des débats que le film a provoqués. En fait, les
élèves étaient beaucoup moins intéressés que leurs parents, qui tous me posaient des questions. Quand l'obstacle vous paraît insurmontable, la fuite est souvent la réaction la plus simple, et
peut-être la plus saine. Et fuir, pour moi, c'était m'assimiler à un point tel que je ne serais plus allemand. Sans me rendre compte que c'est justement ça, qui est typiquement allemand, de
vouloir s'assimiler. Aux Etats-Unis, à la fin du XIXe siècle, plus de 40% des immigrants étaient des Allemands, et ils n'ont laissé aucune trace de germanité aux Etats-Unis. Ils ont changé leur
nom de Muller en Miller, de Schmidt en Smith, voilà. Au bout d'un moment, j'ai compris que plus je cherchais à m'assimiler, plus je redevenais allemand, et c'est là que j'ai décidé de faire des
films. Déjà, quand je travaillais comme assistant, à Paris, je ne craignais pas de jouer les adjudants : si c'est ça que vous attendez d'un teuton, vous allez être servi ! Et passer pour un dur
m'a rendu très populaire auprès des cinéastes ! Mon premier film, «les Désarrois de l'élève Törless», est très allemand, «le Tambour» aussi revendique une certaine sauvagerie. Cinquante ans
après, tout cela me paraît limpide.
François Armanet, Pascal Mérigeau
Le Nouvel Observateur
L'article sur Wikipédia présentant le film d'Alain Resnais, Nuit et Brouillard, son
importance historique et la polémique qu'il a engendré - cliquez ici.
Un compte-rendu du journal Le Monde à étudier en répondant aux questions suivantes
: Chapitre concerné : Bilan et mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France.
Questions : 1)Quel regard porte l'article sur la "vision héroïsée de la Résistance" imposée par le général de Gaulle ? Quelles réalités déformées voire oubliées sont rappelées
? 2)Décrivez l'évolution de cette mémoire sous la IVème République ? 3)Qu'est-ce que le "paradigme victimo-mémoriel" ? 4) Sauriez-vous expliquer la phrase soulignée ?
Du " droit au souvenir " au " devoir de mémoire "
Olivier Wieviorka analyse l'impossibilité d'un discours consensuel, en France, sur l'histoire de la seconde guerre mondiale
, 26 février 2010
Qui furent les vétérans de la seconde guerre mondiale ? En 1919, la définition de l'ancien combattant prêtait si peu à ambiguïté que la France, reconnaissante à l'égard de tous ses
poilus, alla jusqu'à verser une pension aux Alsaciens et aux Lorrains enrôlés comme citoyens allemands mais de retour dans le giron national. En 1945, en revanche, plus question d'unir l'ensemble
des Français sous une allégorie aussi consensuelle que celle du " soldat inconnu ", constate Olivier Wieviorka, professeur à l'Ecole normale supérieure de Cachan, dans un passionnant essai
intitulé La Mémoire désunie.
Quoi de commun entre ce qu'ont vécu un prisonnier de guerre, un résistant membre des Forces françaises de l'intérieur (FFI), un juif déporté, un civil bombardé, ou un Alsacien incorporé à la
Wehrmacht ? Délicate équation, dont chaque gouvernement, depuis la Libération, dut soupeser chacun des termes. Sans parvenir à la résoudre, si l'on en croit la thèse d'une progressive "
balkanisation de la mémoire ".
De Gaulle imposa toutefois, au lendemain du conflit, une " mémoire publique officielle " aussi consensuelle que possible. Soucieux en effet de " désidéologiser " le conflit et de rassembler ses
concitoyens, le Général déploya une vision héroïsée de la Résistance - non sans contradictions. En parole, la " Relève " fut ainsi assimilée à une " immense déportation qui n'eut de volontaire
que le nom " (selon la formule d'Henri Frenay), mais dans les faits, les requis du Service du travail obligatoire (STO) restèrent suspects aux yeux de l'opinion, et le pouvoir gaulliste reconnut
le statut de résistant à ceux qui pouvaient se prévaloir de faits d'arme - critère auquel répondaient parfaitement les anciens de la France libre, mais beaucoup moins les Français ayant travaillé
dans les services secrets britanniques ou engagés sur le territoire national dans les mouvements qui avaient " privilégié l'action civile ". De même, une distinction nette fut établie entre les
déportés politiques (arrêtés pour fait de résistance) et les déportés raciaux. Un tel cadre organisait non seulement " l'oubli sur la majorité des souvenirs quotidiens vécus par les Français ",
mais surtout le silence sur la singularité des souffrances vécues par les juifs.
Du héros à la victime
Olivier Wieviorka s'intéresse dès lors de près aux facteurs expliquant l'éclatement progressif de ce modèle initial. Privés de la légitimité mémorielle que se disputent les gaullistes et les
communistes, les gouvernements successifs de la IVe République peinent à freiner les revendications corporatistes des associations. Les premières lois d'amnistie mettent en évidence de véritables
noeuds de mémoire : à Bordeaux en 1953, " 14 Alsaciens dont 12 pouvaient être considérés comme des malgré-nous " sont accusés avec des SS du massacre d'Oradour-sur-Glane, condamnés, mais aussitôt
amnistiés par le pouvoir qui recule devant les protestations de l'Alsace, suscitant alors la colère du Limousin.
Le principal bouleversement survient toutefois à partir des années 1970 avec le réveil de la mémoire juive : à la figure du héros se substitue celle de la victime. " Buchenwald symbolisait la
réalité concentrationnaire. Auschwitz l'incarne dorénavant ", résume Olivier Wieviorka. De ce changement de régime mémoriel résulte une grande partie des débats contemporains sur la politique
antisémite de Vichy, mais aussi sur le passé colonial de la France, par extension de ce que Johann Michel nomme le " paradigme victimo-mémoriel " dans Gouverner les mémoires (PUF, 224 p., 23 ¤).
Là où ceux qui s'étaient battus pour la patrie bénéficiaient d'un " droit au souvenir ", ceux qui ont subi la violence de l'histoire opposent désormais un " devoir de mémoire ". L'accent mis sur
le nouveau modèle diffusé par la Shoah prive toutefois la synthèse de Johann Michel de cette précision dont fait preuve à l'inverse Olivier Wieviorka, attaché à l'analyse documentée des
politiques publiques et soucieux de préciser la chronologie établie par Henry Rousso dans Le Syndrome de Vichy (Seuil, 1987).
Mais si l'évolution d'une mémoire collective fluctue en fonction des changements de régime, on ne saurait toutefois en déduire que les hommes
politiques peuvent influer à leur gré sur les souvenirs de l'opinion publique. Là est le principal intérêt de La Mémoire désunie. Issu d'un rapport commandé par la Direction de la
mémoire, du patrimoine et des archives, l'ouvrage d'Olivier Wieviorka s'achève sur cette utile mise en garde adressée aux dirigeants tentés de confondre mémoire et propagande : " Loin de
s'apparenter au viol des masses, la mémoire ne fonctionne que lorsque les thèmes diffusés incarnent les sentiments collectifs. "
Jean-Louis Jeannelle
WIEVIORKA Olivier, La Mémoire désunie, Le souvenir politique des années sombres, de la Libération à nos jours, Seuil, " L'univers
historique ", 2010.
Pour aller plus loin : Le compte-rendu des Clionautes : cliquez ici.
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